Publié le : 02/02/2026
Mise à jour le : 03/02/2026
Vous dormez, mais vous êtes fatigué·e. Pas “un peu”, pas “comme tout le monde” : fatigué·e en profondeur. Vous faites ce qu’il faut, vous assurez au quotidien, mais vous sentez bien que l’énergie n’est plus là. L’hiver avance, les journées sont courtes, les microbes tournent, le rythme ne faiblit pas… et vous, vous tenez. Bonne nouvelle : ce que vous ressentez est normal. Mauvaise nouvelle : on ne vous l’a jamais vraiment expliqué.
Car l’hiver n’est pas une saison neutre. Il ralentit les corps, pèse sur l’humeur et donne naturellement envie de lever le pied. Le problème, c’est que la parentalité, elle, ne connaît pas de mode “hiver”. Les horaires restent inchangés, les nuits sont parfois chaotiques, les imprévus s’accumulent et la charge mentale continue de tourner à plein régime. Autrement dit, on demande aux parents de rester performants dans une saison qui pousse exactement à l’inverse.
C’est souvent là que le doute s’installe. On se sent moins patient·e, plus irritable, moins tolérant·e au bruit, aux demandes, aux imprévus. Et comme rien ne “dysfonctionne” officiellement, on finit par se dire que le problème vient de soi. En réalité, c’est surtout un déséquilibre temporaire : trop de sollicitations, pas assez de récupération, dans une période déjà énergivore.
Alors on tente de compenser. On se motive, on serre les dents, on se promet d’aller mieux “quand l’hiver sera fini”. Mais cette stratégie a ses limites. En hiver, aller mieux ne consiste pas à en faire plus. C’est souvent l’inverse : accepter de faire un peu moins, mais de façon plus juste, plus respectueuse de ce que la saison permet réellement.
Prendre soin de soi en hiver, quand on est parent, n’a rien d’un grand projet. Cela commence par des ajustements simples : alléger ses exigences, s’autoriser à ne pas être au top tous les jours, écouter les signaux du corps plutôt que les ignorer. La fatigue, l’agacement, le besoin de calme ne sont pas des échecs, mais des indicateurs. Chercher la récupération plutôt que la performance devient alors une stratégie intelligente, pas un renoncement.
Et si l’hiver n’était pas un problème à résoudre, mais un rythme à apprivoiser ? Peut-être que cette fatigue n’est pas un signe de faiblesse, mais une invitation à ralentir juste assez pour tenir dans la durée. Pas pour renoncer, pas pour décrocher, mais pour traverser la saison sans s’épuiser inutilement. Parce que prendre soin de soi en hiver, ce n’est pas s’arrêter : c’est se donner les moyens d’aller jusqu’au printemps… avec un peu plus d’énergie, et beaucoup moins de culpabilité.
Rédaction : Karine Arquer