Dans l’émission Le Cercle RH du 23 janvier 2026, animée par Arnaud Ardoin, le débat est posé sans détour : qu’est-ce qu’une vraie politique de parentalité en entreprise ? 

Autour de la table : Marine Desandre (Les Parents Zens), Jérémy Mailly (DRH du Panzani), Lucille Wattraint (experte conciliation des vies, parentalité en entreprise) et Caroline de Senneville (journaliste, Décideurs RH). 

Un échange concret, loin des slogans “family friendly”, qui remet la parentalité au cœur des enjeux d’engagement, de performance et de société. 

Une politique parentalité, ça se structure 

Les chiffres cités sont clairs : une part importante des parents cadres rencontrent des difficultés à concilier vie professionnelle et familiale. Charge mentale accrue, organisation complexe, manque de flexibilité… 

Pour Marine Desandre, la parentalité ne peut plus être un simple avantage RH : 

« Si on ne prend pas les collaborateurs dans leur globalité, on n’a pas toute leur performance ni toute leur créativité. » 

Chez Panzani, la politique parentalité ne concerne pas seulement les sièges ou les fonctions “télétravaillables”. Les six usines du groupe sont également intégrées au dispositif : places en crèche, solutions de garde, soutien scolaire, accompagnement global. 

L’idée n’est pas de supprimer les contraintes des métiers postés, mais de faciliter tout ce qu’il y a autour. 

Managers en première ligne : le moment clé du retour 

Un point revient avec insistance : le retour de congé maternité (ou paternité). 

Une politique bien écrite ne suffit pas. Ce sont les managers qui font la différence. Anticiper le départ, préparer le retour, organiser un entretien, former les équipes à ces enjeux humains… 

Lucille Wattraint le rappelle : 

« Ce qui est vrai à trois mois de l’enfant ne l’est plus un an après. Il faut accompagner dans la durée. » 

Autre levier puissant évoqué par Jérémy Mailly : le maintien de salaire pendant le congé paternité. Résultat ? Une hausse significative du nombre de pères qui prennent effectivement leur congé. 

La parentalité devient alors aussi un outil de réduction des inégalités femmes-hommes. 

Un levier stratégique pour les DRH 

L’émission aborde frontalement la question du ROI. 

Entre le coût d’un départ (3 à 9 mois de salaire), celui d’un burn-out, ou les difficultés de recrutement, la parentalité n’est pas qu’un sujet “bien-être”. C’est un enjeu d’attractivité et de rétention. 

Les entreprises qui structurent une politique globale – garde, flexibilité, accompagnement, formation des managers – observent un engagement renforcé. 

Comme le souligne Marine Desandre, co-fondatrice de Les Parents Zens, il s’agit aussi d’un enjeu sociétal plus large : la natalité recule, la place des enfants dans la société interroge, et l’entreprise ne peut pas rester en dehors de cette conversation.