Pourquoi favoriser le jeu en extérieur des enfants ?

Publié le : 27/07/2020

Entre les aléas de la météo, la sieste et les risques inhérents à l’activité physique, sortir les tout-petits au quotidien peut sembler complexe. Pourtant, les bénéfices associés au jeu actif en extérieur sont de plus en plus nombreux. Concrètement, comment offrir aux bambins davantage d’occasions de jouer dehors ? 

Selon les Directives Canadiennes en matière d’activité physique, un enfant de 3 ans devrait faire au moins 180 minutes d’activité physique par jour, mais un tiers d’entre eux ne respectent pas cette recommandation. Les tout-petits passant la majorité de leur temps d’éveil à la crèche, les professionnels de la petite enfance ont un rôle majeur à jouer pour lutter contre leur sédentarité. 

Quels sont les bénéfices du jeu en extérieur ? 

Justine Pronovost, conseillère en pédagogie à l’Association Québécoise des Centres de la Petite Enfance et co-auteure d’un guide sur le jeu libre et actif, explique : « Jouer dehors, librement, dans un environnement riche et avec le soutien d’un adulte bienveillant touche positivement toutes les sphères de développement du tout-petit ». C’est le développement moteur qui est le plus fréquemment mis en avant, car « à l’extérieur, les enfants sont deux fois plus actifs », pointe-t-elle. Mais le jeu en plein air permet aussi de développer les fonctions exécutives ce qui, d’après des recherches récentes, atténuerait les troubles du déficit de l’attention. Chez les bébés, l’expérience sensorielle joue un rôle central, tandis que chez les 2–3 ans, c’est le développement social et affectif, avec l’essor des relations interpersonnelles, qui est déterminant. Autres bénéfices pour l’enfant ? La santé physique (pensons à la qualité de l’air), la santé mentale (hello, stress !) et la sensibilité écologique (on le sait, on protège mieux ce qu’on connaît !). 

Comment lever les freins ? 

Parmi les défis liés au jeu à l’extérieur, les conditions météorologiques sont fréquemment citées. Un adage québécois dit : « Il n’y a pas de mauvaises températures, que des mauvais vêtements ». En effet, la variation de l’environnement est source d’apprentissages infinis pour les tout-petits. Il pleut ? Cela éveillera la curiosité des bambins, pourvu qu’ils soient adéquatement équipés, avec bottes et vêtements de pluie ! Autre obstacle : l’appréhension, réelle ou supposée, de certains parents par rapport à la prise de risque de leur enfant. Justine Pronovost préconise de favoriser le dialogue pour comprendre l’origine des craintes et de procéder par étapes en expliquant les orientations de la crèche. Parmi les autres freins, on retiendra la sécurité (d’où l’importance de se renseigner sur la réglementation en vigueur) et l’accès (que l’on peut faciliter en introduisant la nature dans sa cour, par exemple avec des plantes ou des copeaux de bois). 

De quelles initiatives s’inspirer ? 

« Il est important de réfléchir en équipe pour déterminer les pistes d’action adaptées à son environnement. », insiste Justine Pronovost. Première piste de réflexion pour les éducateurs et les gestionnaires de crèche : augmenter le temps passé à l’extérieur, en y prenant la collation et en y effectuant l’accueil et le départ. Et pourquoi ne pas acheter du petit matériel pour pousser les enfants à bouger, comme des ballons, des cerceaux ou des pelles ? Pour introduire des milieux extérieurs plus riches dans le quotidien des tout-petits, les crèches ont la possibilité de travailler sur la qualité des aires de jeux dans les parcs avec la municipalité, ou encore de s’associer à un projet comme Grandir en forêt, permettant à plusieurs groupes d’enfants de Québec de vivre une expérience d’éducation par la nature, deux jours par semaine, au Domaine Maizerets.

Rédaction : L'équipe Les Parents Zens