La rentrée est passée, les vacances semblent déjà loin et le quotidien reprend son rythme. Pour de nombreux parents, septembre marque aussi une étape importante : confier son enfant à la crèche, à l’école ou à une assistante maternelle et reprendre le travail.

Cette séparation engendre parfois de nombreuses questions. Comment va-t-il vivre la séparation ? Va-t-il pleurer ? Va-t-il trouver ses repères ?  

Et, de votre côté, comment vivre ce moment où vous confiez, pour quelques heures, votre enfant à d’autres adultes ? La séparation peut être chargée d’émotions, parfois contradictoires. À l’inquiétude peut aussi se mêler la joie de reprendre le travail, de retrouver ses collègues, ses habitudes et une part de sa vie professionnelle. Ces sentiments peuvent coexister, sans rien enlever au lien qui vous unit à votre enfant.

Se séparer, c’est aussi apprendre à grandir

Confier son enfant, c’est lui permettre de découvrir progressivement un autre environnement, d’autres adultes, d’autres enfants et d’autres habitudes, tout en conservant ses repères et son cadre familial.  

La vie en collectivité favorise les interactions avec d’autres enfants. Pour autant, la crèche ne garantit pas à elle seule une meilleure socialisation : elle constitue simplement l’une des expériences qui participent à son quotidien et à son ouverture aux autres.

Pour les parents aussi, la séparation constitue une nouvelle étape. Vous pouvez ressentir un pincement au cœur au moment de partir et pour autant, apprécier quelques minutes plus tard de retrouver votre quotidien professionnel. Ces deux réalités n’ont pas besoin de s’opposer.

Et s’il pleure au moment de votre départ ?

Les pleurs font partie des préoccupations les plus fréquentes : « S’il pleure, est-ce que cela signifie que quelque chose ne va pas ? »

Plutôt que de chercher à empêcher les manifestations émotionnelles de votre enfant, vous pouvez accueillir ce qui se passe et mettre des mots sur la séparation : « Je vois que c’est difficile de me voir partir. Je vais travailler et je reviendrai te chercher après le goûter. »

L’objectif n’est pas de promettre que la séparation sera immédiatement facile. Il s’agit plutôt de donner à l’enfant des repères, en tenant compte de son âge et de ses habitudes.

Et si vous avez vous-même envie de pleurer au moment de la séparation ? C’est tout aussi naturel. Reprendre le travail, confier son enfant et retrouver une autre facette de son quotidien peuvent faire naître des émotions mêlées, parfois difficiles à démêler.  

Comment se dire au revoir ?

Au moment de la séparation, quelques habitudes simples peuvent aider votre enfant à comprendre ce qui se passe et à construire progressivement ses repères.

  • Prévenir votre enfant de votre départ 
    Cela lui permet de se préparer à réussir à vivre quelques instants sans vous.
  • Lui dire au revoir 
    Cela lui rappelle que la séparation est éphémère.  
  • Mettre des mots sur ce qu’il vit 
    Il se sent ainsi compris et l’angoisse diminue.
  • Instaurer des rituels, créer une routine chaque matin 
    Les répétitions aident votre enfant à construire des repères et à se familiariser progressivement avec les différents moments de la journée et les temps d’attente.
  • Créer du lien avec les professionnels qui l’accueillent 
    Lorsque l’enfant perçoit une relation de confiance entre son parent et les adultes qui prennent soin de lui, cela peut l’aider à se sentir progressivement plus en sécurité avec eux.

Les fausses bonnes idées

  • Partir de la pièce dès qu’il tourne la tête 
    L’évitement peut créer chez votre enfant un sentiment de trahison, et ainsi altérer la relation de confiance entre vous et lui.
  • Partir vite 
    Un départ précipité peut rendre la séparation plus difficile à comprendre et être interprété par l’enfant comme une intention de se débarrasser de lui, renforçant alors son insécurité.  
  • Nier ses émotions 
    Les formulations comme « Ne pleure pas », « Tout va bien » ou « Ce n’est rien » peuvent donner à l’enfant le sentiment que son émotion n’est pas comprise.

Faire confiance, petit à petit

Pour le parent, la séparation implique aussi d’accorder progressivement sa confiance aux adultes qui vont prendre soin de son enfant en son absence.

Cette confiance s’apprend et se construit avec le temps, au fil des échanges avec l’équipe : comment s’est passée la journée ? Qu’est-ce qui a aidé votre enfant ? Quels nouveaux repères commence t-il à prendre ?

Vous restez son parent. Les professionnels ne prennent pas votre place : ils deviennent d’autres adultes de confiance dans son quotidien.

Se séparer pour mieux se retrouver

Et puis vient le moment des retrouvailles. Ce temps peut devenir un repère important pour l’enfant : vous êtes parti, sa journée s’est déroulée, puis vous êtes revenu.

A ce moment, prenez le temps de ces retrouvailles avec votre enfant, sans nécessairement l’interroger immédiatement sur tout ce qu’il a fait. Un regard, un câlin s’il en a envie, quelques instants ensemble peuvent suffire avant de reprendre le cours de la soirée (même quand vous êtes pressés. Surtout quand vous êtes pressés).

La séparation n’a pas à être vécue comme une épreuve à réussir sans émotion. Elle peut plutôt s’inscrire dans un nouvel équilibre qui se construit peu à peu, entre les moments partagés et ceux vécus chacun de son côté.

Au fil du temps, l’enfant fait ainsi l’expérience de l’absence, tout en découvrant que le lien avec son parent demeure et que les retrouvailles reviennent.

Et demain ? On recommence. Avec peut-être encore quelques larmes ou des émotions intenses, puis progressivement davantage de repères et de familiarité avec ce nouveau rythme.